vendredi 9 février 2007
Cuisiner le mouton (dans la baignoire)
Aujourd'hui, je vais vous apprendre à sacrifier le mouton dans la baignoire, c'est très aisé, vous allez voir.
D'abord, il faut être arabe: c'est très facile! Si vos parents parlent arabe (vu qu'ils sont français nés en Algérie, par exemple, ce qui est excessivement courant), même si vous êtes né à Nevers, Thionville, Clichy ou Quimperlé, vous serez toujours arabe, avant d'être prof, propriétaire d'une Clio II ou joueur de tennis de table au club de Sainte-Marie de la Montagne. Donc c'est pratique.
Bon. Une fois que vous êtes bien arabe, que vous passez bien vos journées dans un HLM à gifler vos petites soeurs qui mettent trop de gloss à paillette, que vous avez volé des cannettes de bière à l'honnête épicier hongrois en bas de votre tour, et que vous avez enroulé la tête de votre femme dans un duvet, vous allez chercher un mouton.
Je ne sais pas si vous avez déjà vu un mouton, mais c'est quand même gros.
Je dis pas ça pour rien, c'est important pour la suite.
Donc comme un mouton, c'est gros, vous allez chercher de l'aide, des copains paresseux qui aiment être au chômage par exemple, pour vous aider avec le mouton.
Vous vous rendez tous à la campagne, vous trouvez un fermier qui a des moutons, vous l'achetez avec l'argent des allocs, puis le mettez dans le coffre de la Clio II.
Si vous avez dû rabattre les sièges arrière de la Clio pour faire de la place au mouton, dites à vos copains de voler un scooter pour rentrer à la tour.
N'oubliez pas vos papiers, pour la douane.
Arrivé en bas de l'immeuble, c'est là que ça se corse. Déjà, le mouton, il a compris, parce que ça a un sixième sens, les bêtes, et va falloir s'y mettre à plusieurs pour le pousser dans l'ascenseur.
Bon, une fois que vous avez compris que l'ascenseur est encore en panne, vous le montez à pied. Si vous vivez au dix-septième, je ne vous cache pas que ça va être ardu, mais bon, faut c'qui faut, quand ils s'agit de manger, nous (vous!), les arabes, on sait enfin se mettre au boulot.
Bon, quand vous êtes arrivé au dix-septième, vous pouvez mettre le mouton dans une des grandes pièces de votre immense appartement payé par l'Etat, afin de vous amménager une petite pause, parce qu'avec tout le couscous que vous vous envoyez, le corps ne suit pas toujours. Profitez-en pour exciser vos filles et battre vos huit femmes, ça détend.
Une fois que c'est fait, il est temps de déranger vos voisins avec le bruit et l'odeur: vous prenez le mouton, vous le mettez dans la baignoire (s'il refuse, amadouez-le, faites-lui croire qu'il va prendre un bon bain aux huiles essentielles), et puis, ben égorgez-le, avec votre lot de couteaux japonais garantis à vie.
La baignoire c'est pratique, comme ça quand le mouton se met à pisser de trouille en hurlant- en bêlant, plutôt-, et puis après quand le sang gicle dans tous les sens (ben oui, il se débat, croyez pas que c'est une partie de plaisir), grâce au carrelage et à la plomberie ad hoc, c'est plus pratique pour nettoyer (nous connaissons l'eau de Javel, grâce aux bienfaits de la colonisation!).
Voilà! Il ne vous reste plus qu'à tailler la viande, un peu comme font les français avec leur cochon halouf, et faire manger votre tribu d'assistés. S'il en reste, vous pouvez faire des conserves et les envoyer au bled.
samedi 23 décembre 2006
Menu de Noël #3 gérer maman
Vous qui êtes chanteur inaudible, blogueur culinaire ou enfant de Don Quichotte, projetant donc de passer votre soirée du 24 à boire des mojitos, de la liqueur de carambar ou du viandox dans une tente Décathlon sur les bords de Seine avec Jean Rochefort, vous savez donc d’ores et déjà que vous aurez la chance de passer votre matinée du 25 décembre au fond d’un bon lit moelleux ou dans un grand bain moussant Pierre Hermé parfumé au macaron Ispahan, afin de vous détendre après cette nuit de folie.
Mais moi qui suis une jeune femme dévouée et prête à supporter tous les sacrifices imposées par notre société judéo-chrétienne (quoique surtout chrétienne, pour le coup), je vais passer ma journée du 25, comme de bien entendu, à bruncher du foie gras dans mon salon.
Ainsi donc, Noël, se plier aux névroses de chacun.
Celle de maman n’est pas des moindres : c’est le bonheur d’être une famille unie.
Il va donc falloir faire semblant d’être heureux, et gais, car malgré une enfance triste, solitaire, pleine de secrets enfouis et de colères violentes, une vie de femme bafouée, de mère déçue et de sœur outragée, depuis qu'elle a identifié les transmissions psychiques qui circulent le long de son arbre (sa mémoire inconsciente), maman s’accroche à tout prix à l’idée que la famille, c’est comme l’humanité, c’est un trop-plein d’amour et de joie authentique.
Fort heureusement, nous allons devoir gérer cet aspect des choses (la famille unie) en comité restreint, car nous sommes quand même tous brouillés, qui avec un père, une fille, un frère, une sœur, un ex-mari ou l’énorme chien d’un beau-frère.
Vous m’objecterez que cela ne concerne pas vraiment le menu, mais si.
Pour donner à cette joyeuse fête un cachet de pimpance, le service d’alcool doit être continu, mais pas excessivement soutenu, c’est une sorte de juste maîtrise de l’ivresse, et c’est le travail de la maîtresse de maison (moi).
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Trop peu d’alcool, et nous finirons par jouer tous ensemble aux petits chevaux ou à Qui est-ce? avec mon fils, voire par faire la vaisselle. Et demander si y a pas Drucker à la télé.
Trop d’alcool, et maman et ma soeur finiront en larmes, après quelque vacherie assénée par moi, gloussant méchamment en tentant de m'endormir à même le tapis.
Mon frère se sera barré depuis longtemps, écoeuré par tant de gâchis de karma.
Mon chéri, qui est parfait, tentera de tenir une conversation cohérente avec Mamie Georgette sur sa jeunesse (« je gardais les vaches à onze ans tu sais, c’était pas cobbe aujourd’hui »), ses exploits sexuels (« et c’est là que l’abéricain, un bien bel hobbe, be dit que bes jambes, c’est un sacré padoraba ! eh ! okay d’accord, j’étais pas bal quand j’étais jeude») et ses choix politiques (« Dicolas Sarkozy, je suis sûre qu’il en-d-a ude toute petite, sidon, pourquoi qu’il ferait le béchant hispérite, hein ? »).
L'alcool justement dosé est la clé d'un repas de Noël à peu près supportable.
Soit pour 7 adultes consentants, dont un musulman, un trinquant au lait froid uniquement et une qui a régulièrement de l’eau dans les poumons, disons que deux bouteilles de champagne et deux de Jurançon (pour le foie gras), ça suffira.
Prévoir en sus du Picon-bière et de l’acool de prune pour le beau-frère (celui du chien).
In fine, c’est Malou-la-pute, la thérapeute non conventionnée de maman, qui se réjouira bientôt, car le récit des festivités lui rapportera facilement à lui seul, comme chaque année, trois ou quatre séances, plus le paiement d'un nouveau stage de psychogénéalogie qui nettoiera sensément le passé du subconscient des descendantes femelles de la constellation familiale de maman.
jeudi 21 décembre 2006
Menu de Noël #2 gérer ma grand-mère
A moins d'avoir eu l'heureuse idée de passer l'année en tant qu'au pair dans la banlieue de Chicago, vous allez sans doute bientôt fêter la fin d'année en famille, la table des enfants plantée devant Astérix et les extra-terrestres, pendant qu'à la table des grands, on tente de fourrer la main gauche de Gérard (qui s'est empallé le pouce, tout bourré, avec le couteau à huîtres) dans la chemise de nuit en flanelle que Manue a offert à Tantine, pendant que dans la cuisine, maman hurle que non, Gérard n'a pas de problème avec l'alcool.
Ainsi donc, Noël.
Mais avant d'en arriver aux inévitables disputes et crises de nerfs sans lesquelles Noël ne serait pas Noël, il s'agit de préparer le repas, et de se plier aux exigences et aux névroses de tous.
Ce repas doit donc offrir un menu classique et un peu classe aux yeux de Mamie Georgette, qui n'a rien de classique et encore moins de classe, pourtant.
Vieille prolétaire anarchiste dont les jambes, malgré ses 86 ans, restent un sacré panorama, quatre enfants de trois pères différents dont un suicidé (d'enfant, pas de père) (quoiqu'ayant tous disparus quand ils ne sont pas inconnus, la question peut se poser), portant bas filés et besace en nylon vert d'eau en guise de sac à main, offert par La Redoute, pour ne pas attirer l'oeil des voyous.
Mamie Georgette exige d'en avoir pour sa peine, et pour les dix euros qu'elle va dépenser durant son séjour chez nous, donc foie gras maison qu'elle picorera avec dédain, champagne qu'elle ne boira pas, et truffes au chocolat qui colleront à son dentier. Elle en est à son quatrième pace-maker, autant dire qu'on ne la lui fait pas, et puis elle commence à faire pipi dans sa culotte, alors son foie gras, son champagne, et ses truffes, elle les veut, elle les aura.
Pendant ce temps là, Gérard, la main toujours en sang, déclame des poèmes érotiques à la table des enfants. Maman ne connaissait pas Verlaine sous ce jour-là.
Bonus: la recette artisanale Doubitchous (c'est garniture)
vous verrez, c'est que des bonnes choses
faire fondre 250g de cacao de synthèse (ou chocolat noir) au bain-marie, ajouter petit à petit 125g de margarine (ou beurre coupé morceaux); hors du feu, verser jaune de 2 oeufs, puis 125g saccharose (ou sucre glace); laisser durcir pâte pendant au moins une heure au frigo ou sur rebord fenêtre, mais attention pas faire tomber.
rouler à la main, sous les aisselles, et enduire avec poudre cacao amer.
tous mes voeux.
mercredi 20 décembre 2006
Menu de Noël #1 gérer mon petit frère
A moins d'avoir eu l'heur de trouver refuge dans un abri anti-atomique israëlien, vous n'êtes pas sans savoir que Noël approche, avec son cortège de dépenses inutiles, de bêtisiers à la tévé et d'enfants de cinq ans qui ce matin a trouvé les cadeaux que le Père Noël a caché sous mon lit, m'obligeant à lui hurler dessus sans raison mais avec panache le temps de trouver un mensonge gros comme le derrière capitonné de la Mère Noël, pour nier l'évidence en toute impunité.
Ainsi donc, Noël.
Afin de festoyer dans l'indignité la plus totale, buvant plus que de raison à la gloire de Saint Urbain patron des ivrognes et dénigrant pour la énième fois tonton Claude le radin et son épouse qui échappe depuis vingt ans à la camisole de force malgré son engagement politique aux côtés de Jean-Pierre Chevènement, il faut préparer un bon repas familial, c'est la tradition. Et comme toujours, c'est moi qui m'y colle.
Mais attention, ce n'est pas chose aisée, il faut se plier aux névroses de tous, car Noël en famille, c'est sacré.
Notre repas devra par exemple échapper aux convenances les plus simples, car mon frère dont le troisième prénom n'est rien de moins que Pépin, ce qui se laisse savourer, refuse qu'une table soit dressée avec des gens assis autour, devant des assiettes pleines de nourriture. Comprenez que ce n'est pas le plus petit des détails pour l'organisation d'un repas.
Penchons-nous plus avant sur le problème, et réglons-le efficacement.
Au quotidien Il se prend pour un ascète shaolin (il a vingt ans tout juste, comprenez-le), et refuse les repas orthodoxes: il se gave de Prince au chocolat et descend trois litres de lait par jour en regardant Malcolm sur Paris Première, vautré lascivement sur le clic-clac pourri de maman. Il ne s'agit donc pas uniquement de Noël, mais de tous les repas, ce qui rend acceptable l'exigence, d'autant que le foie gras, somme toute, il le mangera.
Le traumatisme originel Notre père était est un cuisinier obèse qui baisait Sophie Etienne, une pute à gros nez, et fantasmait sur les grandes tablées familiales (maman aurait-elle préféré qu'il fantasme sur la pute et baise la table? question intéressante), ce qui explique la phobie de mon frère pour le sexe et les repas à table.
La solution de Noël Nous bruncherons, donc, de manière informelle, les uns assis par terre, les autres sur le canapé, picorant de-ci de-là quelques agapes à la frugalité quand même discutable, disposées sur la table basse. Ni couverts attitrés, ni succession ordonnée de plats. Lait froid à volonté, aucune évocation d'éventuelle petite amie, et on ouvre les cadeaux en même temps.
mardi 6 juin 2006
La cuisine ludique #le lapin au fenouil
samedi 1 avril 2006
Recette pas à pas: The famous Caesar Salad with "Nichons de Paris"
1) Commencez par enivrer votre proie de choix ; elle doit avoir été élevée au grain de malt, et en plein air s’il vous plaît ! Avoir gambadé dans les herbes folles, à quatre pattes ça muscle les abdos, un air champêtre doit encore rosir ses petites joues rebondies. Attention ! Ne lui versez pas du Limoux dans son petit verre adoré ! (clin d’œil prononcé)
2) La découpe : qui n’a pas un jour faibli devant la vente d’un lot de couteaux japonais offerts à bon coût sur une chaîne du câble ? qui ? car oui, vous avez reçu en cadeau le plus petit presse-agrume du monde pour votre achat dans les quinze minutes, et vous avez cédé vos deniers face à la tentation. Eh bien ! Félicitez-vous ! Vous allez pouvoir taillader le nichon à l’envie, et préparer une délicieuse petite salade mêlée qui ravira vos invités. Puis-je me permettre de vous recommander de faire gaffe au bruit (des cris) et des voisins ?
3) Bah maintenant allez-y. Droit dans le lard. Auparavant, veillez à bien nettoyer le sang.
4) Je vous ai déjà parlé des conduits lactifères à éradiquer quand on émince le nichon. Voyez la méthode. Avec la pointe du couteau, enlevez moi sans répit des affreuses petites choses blanches qui croqueraient trop sous la dent !
5) Faites revenir les morceaux de nichons dans un peu de matière grasse à goût neutre. Salez, poivrez, et faites roussir. Ey !!! soit dit en passant !! ne négligez pas votre décolleté pendant que vous cuisinez ! Le genre femme sexy des années 50 qui fait la cuisine pour sa moitié, tout le monde adore ! Surtout si vous accommodez du nichon, mets rare s’il en est !
6) Bon appétit !!! Savourez cette viande délicate, fondante à souhait ! Ne gâchez pas cet instant en écoutant en fond musical d’ascenseur du Manu Chao tout moisi (cri du cœur) (ne ratez pas non plus votre Caesar Sauce: jaune d'oeuf, moutarde, huile neutre pour mayonnaise, puis jus de citron, yaourt bulgare, parmesan, assaisonnant vos laitue, nichons revenus, croutons à l'ail et câpres fines). 
mercredi 9 novembre 2005
Belle paire de cookies
Mêlez tout à la fois deux oeufs battus, 150 g de sucre roux, 150g de beurre fondu, 300g de farine, 200g de chocolat noir cassé en pépites, après avoir préchauffé votre four thermostat 7. Roulez en petits palets, tournez dans de la farine pour que ça ne colle pas trop, placez vos cookies crus sur une tôle à pâtisserie (vous avez de la pâte pour deux fournées). Sur chaque cookie, posez délicatement une pépite de chocolat noir. Laissez cuire 10 minutes. Dégustez froid et par paires, les dernières pépites de chocolat déposées faisant office de "tétons sombres pareils à deux yeux mysterieux".
mercredi 31 août 2005
Tout est bon dans le nichon
Commencez par étudier avec soin le schéma présenté ci-après,
connaître le produit, c'est essentiel pour bien cuisiner, tous les grands chefs vous le diront.
Avec des tranches de glandes mammaires et de tissu adipeux, je vous conseille la préparation de ballotins à la confiture de figue épicée : le délicat parfum et le fondant inégalé de la viande de nichon mijotée avec oignons, figues, girofle, genièvre et Porto, en contraste avec le croquant de la pâte à base de farine d’épeautre, envoûtera les plus sceptiques d’entre vous.
Conseil du chef : servir ces délicieux petits chaussons avec une salade frisée, et un capiteux vin du Sud-Ouest.
Si vous avez la chance d’avoir des mamelons en quantité, pourquoi ne pas exhaler leur piquante saveur dans une salade ? Attention, pour la recette que je vais vous proposer, il faut bien veiller à utiliser des mamelons conservés en saumure ! Voici donc : mettez 300g de mamelons dans un saladier, ajoutez-y la pulpe en morceaux de deux citrons jaunes. Assaisonnez d’une vinaigrette ainsi élaborée : jus d’une demie orange, 2 cuillers à soupe d’huile d’olive, 1 cuiller à café de paprika, 1 cuiller à café de cumin en poudre, une pincée de poivre, sel au goût. N’hésitez pas à laisser macérer avant de servir et de régaler vos convives avec cette originale façon d’accommoder les mamelons.
Enfin, afin d’exploiter la grande richesse gastronomique du nichon, il est indispensable de se lancer dans l’apprêt du muscle grand pectoral avec une sauce bien relevée. Je vous donne un exemple, mais bien entendu il y a une infinie variété façons de mettre en valeur cette viande riche en arômes. Taillez des tranches conséquentes de ce morceau de choix ; abondamment poivrées et saisies dessus dessous, flambez-les au whisky. Réservez au chaud, et déglacez les sucs de cuisson avec de la crème, du sel, et beaucoup de poivre ; après bouillonnement, nappez votre viande de cette sauce et servez avec des pommes frites ; quant au vin, je ne me risquerai pas, mais présentez cette recette à un savant œnologue de votre connaissance et il saura vous guider avec talent.
Bon appétit !!! (Toujours dans le souci de vous éviter le moindre problème avec la maréchaussée, je me permets de souligner les alternatives possibles à tous les morceaux de nichons utilisés dans cette fiche cuisine ; les tranches de glandes mammaires et de tissu adipeux seront aisément remplaçables par du vulgaire magret de canard ; les mamelons en saumure, certes rares et d’un coût prohibitif, gagneront pour les couards et les petites bourses à être mis de côté au profit de simples olives noires ; quant au muscle grand pectoral, tentez un steak de bœuf, mais évidemment vous y perdrez grandement en saveur).
Dernier conseil : accompagnez tout repas à base de mamelons d’une quantité dantesque de vin, car c’est la boisson du Seigneur, et celle des bienheureux, vous verrez.
jeudi 25 août 2005
Cuisiner le nichon
Mes nichons et moi avons
récemment lu une phrase ahurissante de lucidité: "Il n'y a point de chagrin qu'un éclair au chocolat ne puisse soulager" (Adrienne Monnier, amatrice de nichons s'il en fut, croyez-moi).
Et elle a bien raison car la nourriture, surtout arrosée de bon alcool (comme vous savez), est la clé de la pimpance et de la félicité.
C'est ainsi que j'ai pensé partager mon sens de l'appétit et de la bombance, et vous démontrer qu'en dehors de toutes les activités salutaires que l'on peut faire avec un nichon, comme le photographier, l'exploiter dans l'idée d'animer un certain esprit de compétition nécessaire à la survie en milieu capitaliste hostile, ou le tripoter avec gourmandise tout simplement, et ceci est loin d'être exhaustif bien sûr, on peut également le cuisiner, et ce de façon très satisfaisante, vraiment.
Voici un délicieux mode de préparation, qui nous viendrait de Palestine: utilisez deux nichons par personne, un seul si vous le servez en entrée; précisons tout de go qu'un bon nichon, propre à la consommation, est rond comme une belle pomme, et peut se contenir dans une main d'homme (ni plus, ni moins).
Ici, les ingrédients correspondent à quatre nichons en tout (vous me suivez??).
Creusez chaque nichon, n'ayez pas peur, ôtez-en toute la substance, jusqu'à l'enveloppe.
De la chair recueillie: taillez-la par sections, enlevez et jetez carrément les espèces de petites peaux blanches que vous trouverez (ce sont les conduits lactifères).
Par ailleurs, versez dans un bocal: 3 belles cuillers à soupe d'huile d'olive, 1 cuiller à soupe de vinaigre, 1/4 de cuiller à café de sel, 1/2 cuiller à café de sucre, refermez avec soin le bocal et secouez avec toute la belle vigueur dont vous êtes capable.
Mélangez cette vinaigrette aux dés de nichons réservés, et ajoutez à cet ensemble deux pommes épluchées puis hachées menues.
Tartinez l'intérieur des nichons de trois oignons mixés mêlés à 200g de fromage blanc.
Comblez ensuite de votre préparation sucrée-salée faite de nichon, de pomme et de vinaigrette. Décorez de quelques crevettes et câpres.
C'est déjà prêt!!
Cependant, laissez au frais pendant encore quelques heures, avant de servir avec plein de vin blanc (demandez conseil à votre caviste préféré!).
Bon appétit!!! (Simplement, pour éviter les hauts cris de vos convives ou de judiciaires poursuites pour cannibalisme, vous pouvez remplacer le nichon par du pamplemousse, auquel cas un demi-pamplemousse correspondra à un nichon).




