mardi 9 octobre 2007
Heureux les innocents
Aujourd'hui, nous fêtons l'anniversaire de quelqu'un qui m'est très cher.
Je
ne la connais pas depuis très longtemps, mais c'est comme si elle avait
toujours été là. Même si vous la voyez pour la première fois, elle vous
offre les sourires des plus magnifiques, des plus sublimes et sincères, bien que la pauvre ne soit
pourvue que de cinq dents.
Son nez fronce un peu quand elle
sourit, et ses yeux verts rient aussi. Elle est drôle, malicieuse,
belle, socialiste, sa peau est douce, ses cheveux sont fins et blonds.
Elle sent bon. Elle sent le lait, le miel et la pêche blanche.
Elle adore
les chats, les livres, la mer, le chocolat; elle sait éparpiller comme
personne les images et les feutres; de mémoire, on n'a jamais vu
quelqu'un se mettre debout de manière aussi gracieuse.
Elle a tous les talents, elle a tous les dons, de la vivacité d'esprit au sens du rythme.
Depuis
la première minute, ce qui frappe toutes les personnes qui la
rencontrent, c'est son bonheur de vivre affiché sur son visage, son calme serein, sa joie
ineffable.
Heureux anniversaire ma joyeuse!

(oui, bon, la tenue spiderman, c'était pour aider son frère à l'encaisser)
Une pensée tout de même à toute l'équipe de demeurés de la maternité, qui a bien raté ma péridurale, qui s'est bien foutu de ma gueule, mais que j'ai bien envoyé bouler aussi, les sacrés connards et les putes à cul.
lundi 13 août 2007
Le vice dans le sang
Mon fils a pendu son objet transitionnel (son doudou), Cocotte, une bébé lynx, avec une de mes écharpes.
Symboliquement, à froid, je trouve ça très réjouissant.
Mais quand j'y pense plus sérieusement, ça paraît plutôt effrayant.

lundi 26 février 2007
Jeu d'enfant
mardi 3 octobre 2006
Quelques derniers trucs que je déteste sur la grossesse #7
C'est d'avoir l'air cloche sous la pluie, sans manteau adéquat, avec une proéminence abdominable bien en saillie et totalement trempée, vu que je vais pas me payer une veste de grosse en 42 ou 44 pour pouvoir me recouvrir intégralement, quelques jours seulement avant de mettre bas (et d'enfiler du 36, bordel, du 36) (bon d'accord du 38) (et mettre un jean) (en fermant à la fois le bouton et la fermeture éclair).
C'est d'avoir l'impression d'être une vieille cardiaque de quatre-vingt-six ans au pacemaker palpitant, quand ma mère m'appelle à des heures indues en me demandant, la voix tiraillée par l'angoisse, si je vais bien, vu qu'elle a eu un présentiment.
Oui, un présentiment.
Faudrait pas me pousser beaucoup pour que j'avoue attendre avec impatience le début de Inspecteur Frost sur TMC, qui est le seul homme sur Terre qui m'apporte suffisamment de bien-être pour me permettre de m'endormir gentiment (sur le dos).
De toute façon, ma fille, tout ce qui l'intéresse, c'est de me faire chier. Je savais bien que je préférais avoir encore un garçon, ça apporte vachement plus de satisfaction, même sans compter les demandes en mariage.
Un an de ma triste vie pour dormir une heure sur le ventre.
Offre négociable.
dimanche 17 septembre 2006
Quelques idées pour en finir (déclenchement maison d'accouchement qui tarde)
- laver les carreaux, il paraît que les bras en l’air ça y fait
- boire du lait chaud avec de la cannelle, ça ramollit le col de l’utérus
- coucher avec monsieur trois fois par jour, s’en donner à cœur joie
- la pleine lune (disponible dans toutes les grandes et moyennes surfaces, ndlr)
- monter et descendre des escaliers en crabe, dos à la rambarde, en fléchissant les genoux et pour faire bouger le bassin
- la tisane de framboisier, ça s’achète en pharmacie et ça fait descendre le bout de chou
- des gros câlins hihihi
- marcher à quatre pattes
- un peu d’huile de ricin et bébé sera bientôt là
- la danse du ventre mais attention rien de tel pour choper une sciatique
- des rapports sexuels, les spermatozoïdes déclenchent les contractions
- oui mais on fait quoi avec de l'huile de ricin? doit-on s'en enduire le plancher pelvien?
- j'ai entendu parler d'un massage à la base du pouce, il paraît que c’est un point d’accuponculture mais j’en sais pas plus
- attention attention les filles! lol! pour l’huile de ricin, je connais pas la posologie mais c’est sûr ça marche, enfin je pense (lol!) que ça s’avale mais je vais me renseigner quand même lol faudrait pas intoxiquer vos choupinets lol
- vous fatiguez pas bébé aura toujours le dernier mot
- marcher dans la forêt et respirer l’air frais
- moi j'ai fait des séries de génuflexions en respirant très vite, BB1 est arrivé six heures après
- ça veut dire quoi lol?
- alors j’ai trouvé la référence, chez Anne-Isabelle Bocaille « Attendre bébé, puis l’accueillir », l’huile de ricin ça a un effet laxatif, ça stimule un travail un peu lent, il faut en avaler quelques cuillers à café mais c’est dégueu
- demain c’est la pleine lune, tant mieux parce que je suis carrément patatraque
- manger très épicé, ça dégoûte bibinou et il veut sortir
- serpiller la maison, jardiner, briquer la salle de bain à quatre pattes
- la méthode italienne, ça marche à tous les coups
- franchement la nature est bien faite, si c’est 40 S.A., c’est 40 S.A.
- des touchers vaginaux avec un concombre pour titiller le col
- euh c'est quoi la méthode italienne
- faire les boutiques toute la journée, marcher et porter les paquets
- la méthode italienne c'est crac-crac avec le papa (si ça lui fait pas trop peur, parce qu'il y a des mecs qui ont peur de toucher la tête du bébé avec leur kiki)
- stimulation mammaire : presser ses seins pour faire sortir du lait, 30min/jour, ça stimule les hormones
- faire le ménage comme une tarée comme changer les draps toute seule
- navrée mais faut laisser faire la nature
(merci aux lumineux forums "grossesse" d’aufeminin.com, magicmaman, doctissimo…)
samedi 16 septembre 2006
Un truc que je déteste sur la grossesse #5
Je hais que le temps de la grossesse se calcule en S.A.
Qu’est-ce qu’une S.A. ?
Une S.A. est une semaine d’aménorrhée, une unité de mesure un tantinet post-structuraliste.
Comment calculer en S.A. ?
Eh bien tout à fait simplement, à première vue: on commence le savant calcul, en semaines, à partir de la date du début des dernières règles.
Il y a deux attitudes face à ce calcul.
La première concerne les femmes depuis toujours passionnées par le concept des menstrues. Elles tiennent quotidiennement un petit carnet détaillant par le menu ce qui se passe au fond de leur culotte, de manière à ce que lorsque les médecins, gynécologues, échographistes, sage-femme, les interrogent, avec toute la précision scientifique qui par ailleurs les honore, sur cette date fatidique pour le bon déroulement de toute gestation, elles tiennent leur réponse toute prête, sortant de leur sac à main en cuir de veau doux le fameux petit carnet de ragnagna.
La seconde attitude concerne les jeunes femmes un peu évaporées, aimant les belles lettres et le chocolat au jasmin, ignorant royalement ce genre de vils détails et répondant, en souriant de leurs blanches dents : « Quelle idée, je ne m’en souviens absolument pas, enfin ce devait être, euh… Euh, vers Noël, je crois, enfin je pense, euh. ».
Eh bien, dansez maintenant ! Ces femmes-là s’exposent à de cruelles déconvenues, croyez-moi. Haussement de sourcils perplexe de la part du Docteur L. qui s’excite sur son calendrier de poche circulaire ; soupirs exaspérés du Docteur H. qui tapote nerveusement son clavier ; dodelinement amusé de la tête de Malou, la sage-femme qui aime l’encens à la mirabelle, et en rallume un, sans doute pour se venger.
Cela dit, j'ai fait des progrès en S.A., et je puis vous dire qu'au maximum j'en vivrai 41, et que je suis rentrée dans la n°38. Enfin je crois?
mercredi 13 septembre 2006
Un truc que je déteste sur la grossesse #4
Je hais qu’un jeune pharmacien impudent dise haut et fort, dans son officine moisie, devant tout le monde, y compris le père de mes enfants qui m’accompagne dévotement, que le Tardyferon que l’on m’a prescrit pour enrichir mon sang avant l’accouchement risquait de noircir mes selles et qu’il ne fallait pas que je m’en inquiète.
…
Non mais, de quoi je me mêle ?
Que connaît-il, d’abord, cet histrion imberbe, de mon fonctionnement intestinal ?
Ne voit-il pas sur mon visage de poupée blanc et rose et rond, que je ne fais pas ce genre de choses (je veux dire, produire des selles) (sans parler, le cas échéant, de les observer afin d'en jauger la couleur)(Seigneur, mais qui ferait une chose pareille?) ?
Comment peut-il imaginer une seconde que derrière mes grands yeux bleus innocents se cache une personne ayant un transit intestinal lambda?
Et qu’a pu penser mon tendre amour en entendant ça ?
J’ai bien vu passer sur son beau visage une pâleur étrange, un égarement des sens et ses yeux sombres perdus dans le vague.
Réaction d’ailleurs un peu similaire à celle que j’avais observée lors des cours publics de préparation à la naissance, quand la sage-femme nous a conseillé de procéder sur ma personne à des massages du périnée avec de l’huile d’amande douce, précisant on ne sait pourquoi, avec un sourire amical égayant son visage expert et une gestuelle très suggestive (elle était assise en tailleur) que le périnée se situe entre l’orifice vaginal et l’anus (même une brebis innocente se douterait que ça ne se situe pas franchement sous le bras)( de toute façon, rien de ce qui concerne une femme enceinte ne se situe sous le bras).
Et encore ce n’est rien à côté de ce qui a suivi, à savoir l’évocation de mon bouchon muqueux, cette perte vaginale gélatineuse jaunâtre parfois teintée de sang, que j’aurai l’heur de perdre avant le début des hostilités ("vous verrez c'est un peu comme une grosse glaire" s'est empressée de préciser, avec son inaltérable gaieté, la sage-femme répondant au doux prénom de Malou, ce qui aurait dû me mettre la puce à l'oreille dès le départ). Le coup de grâce étant les contractions régulières assorties de la perte des eaux (écoulement du vagin d’un liquide verdâtre), dont Malou nous propose de noter la couleur, la quantité et l’odeur afin de renseigner au mieux l’équipe d’obstétrique dès notre arrivée à la maternité.
Christ-roi, qu'ai-je fait?
samedi 2 septembre 2006
Un truc que je déteste sur la grossesse #3
Hier, l’ami, c’était la pré-rentrée.
C’est un concept propre à l’Education Nationale, qui prépare son troupeau au retour avec douceur, car le traumatisme est intense après deux mois sans rien faire. Cette journée est marquée par le rythme haletant de la réunion sur les photocopies, la présentation bruyante des nouveaux collègues, l’humiliation publique du représentant syndical par le proviseur et l’apéritif déjeunatoire (Badoit et beaucoup de cornichons en ce qui me concerne, rosette et pinot gris pour les autres, association que je ne cautionne d’ailleurs pas).
A l’occasion de cette fameuse journée, j’ai donc été saluée par une centaine de personnes dont plus de la moitié ne connaissait pas mon prénom, pourtant charmant et dont l’originalité fait qu’en règle générale on s’en souvient bien, mis à part les vieux libidineux attendrissants qui s’acharnent à m’appeler Aliénor, Pénélope, ou, tout dernièrement, Ségolène.
La plupart des personnes présentes, pourtant éminemment cultivées, m’ont asséné avec un ferme engouement frisant l’hystérie: « Bonjour ! bonne rentrée ! Oh la la ! comme elle est belle ! et c’est pour quand ? ».
C’était consternant et j’ai difficilement décrispé mes sourires agacés.
Je veux dire, d’un point de vue grammatical, il n’y a rien à redire, mais je suis désolée, on ne dit pas aux gens qui font treize kilos de trop qu’ils sont beaux. Et d’ailleurs ce n’est pas le genre de choses que l’on déclare crûment sans envisager de coucher sexuellement avec la personne concernée par le compliment (en tout cas, moi, c’est comme ça que je signifie mes ambitions en ce domaine). Et puis on ne leur demande pas avec une joie non feinte à quel moment exactement ils vont se décider à redevenir des tromblons, en perdant leur valeur ajoutée au bout de nombreuses heures de souffrance insoutenable.
Voilà tout.
Sinon, à propos du personnel de l’E.N. et d’un point de vue sociologiquement intéressant, j’ai noté hier un autre problème de poids. Je me targue de n’avoir pas plus d’a priori sur les femmes de ménage que le tout venant, cela dit, il est intéressant de noter que ce sont surtout elles qui me touchent le ventre sans demander la permission (que je n’accorderais pas, au demeurant, cela va sans dire, alors d’un sens elles font bien de passer outre la plus élémentaire des politesses si elles tiennent vraiment à me flatter les flancs).
Attention, ne vous méprenez pas, je fais partie du peuple de gauche, personne ne saura le nier, d’ailleurs je partage la vie d’un maghrébin, et je suis farouchement robespierriste ; c’est tout dire.
Il n’empêche, que ce sont elles qui m’ont tripoté d’abondance, et j’étais très fâchée, et un peu dégoûtée aussi.
vendredi 1 septembre 2006
Un truc que je déteste sur la grossesse #2
Je hais avoir l'impression que je n'en sortirai jamais, de cette lourdeur animale, de cette vastitude éhontée, de cette démarche pachydermique et de ces chevilles gonflées.
Personne ne croit plus qu'en réalité je suis mince à l'intérieur; et pourtant je le suis, je vous assure!
A dire vrai, je fais même un peu peine.
Illustration issue de l'album Les Frustrés, Claire Brétécher.
jeudi 31 août 2006
Un truc que je déteste sur la grossesse #1
Je hais que des inconnues (oui ce sont surtout des femmes), me sourient béatement dans la rue, le visage légèrement penché sur le côté pour que je ressente mieux leur empathie, sensément, en portant un regard attendri sur mon ventre insolemment rebondi.
Ca me donne toujours l’impression que mon utérus fait partie du patrimoine public. Ce qui est absolument dégueulasse, vous en conviendrez.

