vendredi 13 novembre 2009
Jehanne la Pucelle #6 Gentil Dauphin, j'ai nom Jehanne la Pucelle
-Je vous mènerai, gentil dauphin, à Rome, pour vous faire oindre et couronner!
-Ah merci, j'apprécie l'attention jeune fille, tu as déjà pris tes dispositions, parce qu'il faudrait se dépêcher pour les réservations, surtout si on veut prendre l'avion, ça risque de coûter bonbon en s'y prenant à la dernière minute, je suis bien placé pour le savoir parce que là, on voulait partir à Berlin pour Noël, ben c'est déjà trop tard, même pour l'hôtel, va trouver une suite parentale avec petit dèj à prix humain, t'es pas couché, alors du coup il faut que je me trouve un plan B, sinon les gosses vont râler et ma femme je te raconte pas.
- ...
-Mais maintenant que j'y pense, comment as-tu deviné que je suis le dauphin?
mercredi 30 janvier 2008
Jehanne la Pucelle #5 L'arrivée à Chinon
Arrivée au château de Chinon, attendue et fêtée plus que de raison, somme toute, pour une paysanne n'ayant encore strictement rien prouvé en quoi qu'est-ce, Jehanne, au moment où je vous parle, prenait ses aises dans une chambrette fruste histoire de se parer un minimum pour sa rencontre avec le petit roi de Bourges.
Fébrile, toute pleine de chicaneries lui embrouillant les sens, mais parfaitement consciente des convaincants talents de sa gorge, qu'elle avait pleine, ample, et garnie, donc, elle s'élança vers vingt heures dans un labyrinthe de larges couloirs humides, mal éclairés par quelques torches cacochymes dispersées au petit bonheur, se guidant de fait à l'aveugle grâce aux relents sonores de la vaste salle des fêtes.
A son entrée, sans que les habiles joueurs de psaltérion ne s’arrêtent, on entendit tout à la fois un long murmure aigri (dès qu'un groupe de dames se sent menacé par la présence lumineuse d'une jeunesse, que voulez-vous...), et quelques sifflements égrillards (dès qu'un groupe de messieurs se sent échauffé par la présence lumineuse d'une jeunesse, que voulez-vous...).
Rapidement, fendant cette foule de seigneurs avinés, Simon Charles, le fameux président de la Chambre des Comptes, un grand type efflanqué à la chevelure brouillonne, remarquable josteur, spécialiste des tournures absconses destinées à semer le trouble, s’approcha de Jehanne, lui lança un clin d’œil malicieux en lui attrapant le bras, et, tandis qu’elle-même décidait de garder une froideur calculée, la conduisit directement au buffet.
A suivre...
lundi 1 octobre 2007
Jehanne la Pucelle #4 le début d'une épopée
Nous en étions restés à la première discussion qu'entretint Jehanne avec le curé du coin.
Je dois vous dire qu’il ne fut pas bien difficile à convaincre de la véracité des propos de l’ange, parce qu’à cette époque, on était, et de loin, beaucoup plus ouvert aux expériences spirituelles qu’aujourd’hui. Franchement, de nos jours, il suffit que tu parles de feng-shui, de végétarisme, d’homéopathie ou même de chamanisme, on te regarde comme une bête curieuse un peu demeurée et cucul-la-praline. Les gens sont d’une intolérance! Enfin bref.
L’étape suivante consista à mener Jehanne à Vaucouleurs, afin qu’elle y rencontre le Seigneur Robert de Beaudricourt. Là, très étrangement (mais ce mystère sera élucidé plus tard, un peu de patience), Sire Robert fit un accueil des plus promptement chaleureux à notre jeune Elue, l’écouta longuement, et accéda à toutes ses demandes vestimentaires autant qu’alimentaires. En effet, en plus d’exiger une armure (mais point d’armes encore), des chausses de laine finement filées, une culotte de peau, des bandes de lin pour faire office de sous-vêtements, Jehanne ne manqua pas, après s’être fait couper les cheveux d’une façon un peu olé-olé, d’exiger à sa table les mets les plus fins, car elle faisait toute une histoire de manger: pâté d’alouette aux échalottes, joues farcies, queue de porc aux marrons, saucisses de foie, pieds en gelée et compote de coing (en cette saison! imaginez!).
Habillée, coiffée, nourrie grassement : enfin elle était prête pour partir à Chinon, retrouver le jeune dauphin, Charles, ce piètre commandant.
Ce voyage fut laborieux, parce que mettez-vous bien ça en tête : la Lorraine en hiver, déjà c’est coton, mais en 1429, je vous raconte pas le cauchemar. Enfin plutôt si, je vous raconte.
Imaginez-vous, le mois de février sur les routes vosgiennes (peut-être vous connaissez, si vous aimez le ski de fond): les pluies glacées, le froid perçant, la terre boueuse des chemins mal entretenus (on n’a jamais pu faire confiance aux serfs, les petites gens, c’est bien connu, n’ont aucune vraie conscience collective), la boue, les auberges mal famées, les rixes à tous les coins de rues, et pis que pendre: les corbeaux gros comme des cockers qui vous arrachent les yeux sans crier gare!
De fait, il fallut presque un mois à Jehanne (qui savait chevaucher, tiens, tiens... second mystère!)et sa petite troupe pour arriver à Chinon, cité des bois-sans-soif et de la piquette industrieuse.
A suivre...
lundi 24 septembre 2007
Jehanne la Pucelle #3 Un ange a parlé
Le jour de son seizième anniversaire, le 6 janvier 1429, après s'être gavée une fois de plus de galette des rois (la perpétuelle croix des natifs du 6 janvier), Jehanne s'en alla faire une petite promenade digestive dans les prés avoisinnants. Tout à côté de l'étang saumâtre où il lui était déjà arrivé d'entendre des voix mystérieuses, à nouveau Jehanne fut interpelée de la sorte: "Jehanne! dodue! au lieu de baffrer, va t'en donc trouver le roi de France et demande lui une armée pour libérer Orléans!".
Oui, parce que je vous avais pas dit (voilà pourquoi l'histoire nécessite de la MÉTHODE), mais depuis un moment (cent ans? déjà?!), les Anglois semaient terreur et désolation dans le beau pays françois. Les écorcheurs et les pillards envahissaient les campagnes, les brigands rançonnaient les villes, et le roi, faible et geignard, lâche et indifférent, préférait oublier la défaite en buvant, ripaillant, et dansant jusqu'à pas d'heure.
Bien décidée, puisque les anges avaient parlé, à remédier à tous les maux du pays de France, Jehanne s'en revint à sa bicoque et annonça à ses parents: "Parents bien aimés, j'ai bien prié, et je sais à présent que mon devoir est d'aider notre bon Charles de France, et je vais partir, grâce à Dieu, me battre contre les Anglais, et les tuer tous, jusqu'au dernier, dussé-je leur arracher le coeur avec une petite cuiller!". Ce à quoi son père répondit: "Avec une petite cuiller?! Mais ma pauvre fille, tu me désoles, reprends donc ta quenouille et file le lin, et tu seras bien heureuse encore que je te donne du pain!".
Comme quoi, c'était pas gagné. Mais enfin, quel parent ne rêve pas d'une ambition glorieuse animant l'esprit de son enfant? C'est ainsi qu'après une discussion que je qualifierais quand même d'un peu âpre, c'est une Jehanne perclue de bleus, de brûlures de cigarette et autres plaies superficielles qui eut l'autorisation de discuter de sa carrière avec le curé de leur paroisse, puis avec Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, dirigeant une enclave d'irréductibles françois.
A suivre...
jeudi 20 septembre 2007
Jehanne la Pucelle #2 Au pré
Cadette d'une famille de laboureurs malhonnêtes, avinés et violents, Jehanne faillit subir plusieurs fois les assauts paternels.
Heureusement pour la célèbre et virginale innocence de notre héroïne, les quantités indignes de vin de Chinon (une affreuse piquette) avalées par son père, Jacques d'Arc, ne permirent jamais à ce dernier d'aller bien loin dans ses pervers projets, puisqu'il s'écroulait généralement au pied de la paillasse où dormaient déjà les enfants, et finissait ses nuits, cuvant, roulé en boule au pied du tas de foin.
Quant à sa mère, Isabelle dite La Folle, une grenouille de bénitier dépressive et un peu dure d'oreille (les mystères de l'hérédité sont décidément insondables!), elle ne remarqua jamais rien du révoltant manège de son pitoyable époux.
La vie s'écoulait ainsi, mollement, les parents d'Arc supportant de sombres gueules de bois, à charge pour les enfants de faire tourner la baraque.
Députée à la surveillance des vaches profitant des vaines pâtures dès l'âge de onze ans, la jeune Jehanne n'eut longtemps pour seule compagnie que celle des génisses ruminantes.
A treize ans, elle ne supportait plus leur odeur; à quinze, refusait de les toucher; et jusqu'à sa mort on put l'entendre crier au coeur des nuits de pleine lune des "mort aux vaches!" déchirants.

Jeanne d'Arc
Jules Bastien-Lepage(1848-1884)
Metropolitan Museum of Art
Ces longues journées de solitude déséspéraient absolument la petite Jehanne.
On comprend aisément pourquoi la jeune fille, un peu abrutie, il faut le dire, par ses journées intellectuellement peu stimulantes, se mit à jouer des saynètes d'inspiration religieuse ou historique, avec des partenaires imaginaires, genre chevaliers, anges et autres rois...
A suivre...
jeudi 13 septembre 2007
Jehanne la Pucelle #1 l'ouïe fine
S'il est un personnage historique dont la France peut être fière, en dehors de Robespierre, il s'agit bien de Jeanne d'Arc.
Victorieuse et vaincue, vierge et guerrière, femme et meneuse d'hommes, pauvresse sauvant le roi, oubliée puis retrouvée, figure nationale entachée par l'extrême-droite mais symbole féministe par excellence, il n'est que temps, voyez-vous, que je me penche sur son admirable destin tout en contrastes et paradoxes.
Née en 1412 aux confins d'une région affreuse, la Lorraine, dans le petit village perdu de Domrémy, la petite Jehanne (qui accusait alors, on le sait peu, un sérieux embonpoint qu'elle perdit cependant rapidement, la vie de guerrière étant plutôt sportive), la petite Jehanne, disais-je, taquinait le goujon, sans aucune prétention, avec une ligne souple en jonc, quand elle perçut, suintant jusqu'à ses oreilles rougies par le froid, une voix aigrelette lui assénant: "Tu ne mêleras pas ta semance à celle des bêtes!".
Interloquée, la jeune enfant gratta l'intérieur de ses oreilles à l'aide de son index droit, renifla son doigt souillé de cérumen, et se dit qu'elle avait sans doute mal compris.
A suivre...
dimanche 12 août 2007
Le courage ceint d'un sein, ou Judith étêtant Holopherne
Triomphants d’incompétence, les Anciens de la belle cité de Béthul, assiégée par l’armée du roi Nabuchodonosor (c’est l’occasion de vous rappeler que le Nabuchodonosor, de nos jours, est un contenant de vin de Champagne équivalant à pas moins de vingt bouteilles!), étaient un soir d’octobre prêts à capituler, abandonnant les habitants déjà meurtris par le trop long siège de la prestigieuse place de Judée .
Les soldats de l’armée assyrienne semblaient comme assomés par le long siège qui les avait rendu avides de vins doux du Delta et de femmes chaleureuses.
Cependant, ils n'en restaient pas moins assoiffés du sang de l’Ennemi, car leurs émoluments mensuels n’atteignant que difficilement le petit millier d’euros (je convertis, ça va), bien qu'ils aient franchement travaillé plus, avec ce siège pourri, et ils s’attendaient d’un jour à l’autre à de sauvages compensations en nature.
On comprendra qu’éloigné et de sa famille et de ses plants de glaïeuls, le quidam en faction n’attendait rien de moins qu’un peu de dévergondage à l’œil pour assurer de son indéfectible docilité, tout en rêvent de combats glorieux sous le soleil de midi.
Ainsi, tout le monde se désespérait de passer du bon temps, les délices de l’été indien suscitant désir de lascivité et paresse inattentive.
Le temps coulait nonchalamment, l’agonisante capitulation des Juifs guettait insidieusement, les Assyriens s’apprêtaient à festoyer dans la rage et l’ivresse, et seule une beauté du cru, le sein encore alerte et la mine grave, s’apprêtait en secret à déranger le cours des choses.
C’est en effet, le cœur plein de rage, et portée par un inébranlable courage, que la valeureuse Judith a marqué son temps et son peuple de sa farouche détermination.
« Je m’insurge ! » tonna-t-elle de toute sa somptueuse puissance, dans la salle de conférence de l’Hôtel de Ville où se calfeutrait la délégation des Anciens prêts à sacrifier leur cité désormais vaincue. Les vieillards pantelants, visages émaciés et ridés jusqu’au sol, frémirent pendant un long moment, mine de rien, à la vue de cette délicieuse créature, fort légèrement vêtue d’un lamé or d’une rare délicatesse.
Quand vous êtes un mâle dominant, quel que soit votre âge, l’expérience du frisson supplante toute autre considération, surtout si elle est accompagnée d’une jolie paire de nichons, et Judith l’avait fort bien compris. On lui laissa donc toute latitude pour organiser une ultime tentative de terrasser l’armée assyrienne en ébullition.
A la nuit tombée, la tumultueuse insurgée se faufile dans l’antre dionysiaque du général de cette glorieuse armée, j’ai nommé Holopherne.
Etourdi par la vue sensuelle qui s’offre à lui, le militaire en tenue, charmé par sa visite et inconscient du risque qu’elle représente, continue de s’enivrer de plus belle ; bientôt incapable de faire trois pas devant lui, celui qu’on nommait dans son dos «le sphinx aviné» s’écroule aux pieds de notre héroïne. Laquelle pria une dernière fois tout en attrapant avec vivacité une cimeterre (terrifiante épée à lame courbe) qui traînait là. «Rends-moi forte en ce jour, Seigneur, Dieu d’Israël!» .
Judith, dont le palpitant fait alors exploser son corsage, libérant de la sorte deux seins vivants et libres comme le peuple de sa cité dorénavant, tranche la tête du soldat écroulé dans sa débauche, puis ramène le fruit de sa tuerie à l’intérieur des portes de sa ville, qui l’encense de bon droit.
« Fasse Dieu que tu sois éternellement exaltée et récompensée de mille biens, puisque tu n'as pas ménagé ta vie quand notre race était humiliée, mais que tu as conjuré notre ruine en marchant droit devant notre Dieu."
La morale obscure de ce haut fait biblique et historique, est que le sein qui cache un cœur courageux se retrouve toujours récompensé, et jusqu’à la mort reste altier, ce qui n’est pas rien, croyez m'en.
vendredi 3 août 2007
T'as un tabernac de beau p'tit body!
Voici l’image d’un couple improbable, car doublement mamelu, comme vous avez l’honneur.
Cette sculpture funéraire d’une facture peu fantaisiste cache en réalité le secret d’une romance burlesque et passionnée, mais ne comptez pas sur moi pour vous apprendre plus que nécessaire, non pas que je sois paresseuse (quelle idée saugrenue), disons plutôt, eh bien, respectueuse. Jetons donc avec éclat un voile pudique sur le délicat secret de leur intimité, et sur la flamme enamourée que l’on devine encore malgré la terne froideur de la pierre noire.
Ainsi, reprenons le fil de leurs nichons.
Le jeune homme à votre gauche, celui-là même qui porte une coiffure qui a connu son heure de gloire dans l’ex-Allemagne de l’Est, n’a pas toujours été l’époux à la lourde poitrine de sa jeune voisine gâtée par la nature, vivant sous la XVIII Dynastie du nouvel Empire (entre 1550 et 1069 a.C. rappelle-je). Non.
Pour commencer, il était plat comme une limande, ce qui est toujours fort courant pour les mâles dominants d’aujourd’hui. Vous allez apprendre comment, grâce à l’amour et au mariage intéressé, il s’est découvert de palpables capacités poitrinaires, dans la joie mais aussi, en fin de compte, dans la douleur.
Malgré une vulgaire formation de scribe, Geb (c’est son petit nom) a réussi à devenir secrétaire d’ambassade extraordinaire du pharaon Thoutmosis IV (vous pouvez vérifier). C’est ainsi qu’il a été amené, on ne sait trop de quelle façon, vous imaginez ce que c'est, les temps immémoriaux, à fréquenter l’intelligentsia québécoise de l’époque, qui lui apprit au cours de festoiements délétères, un nombre incalculables de sacres du pays, du type : tabarnac percé, hostie toastée, câline de binne, enfant de nénane Esti, jésus de plâtre, torbinouche.
Grâce à ce savoir exotique, il n’eut aucun mal à faire rire en lui assénant finement un « T’as un tabernac’ de beau petit body ! », et donc à séduire, la charmante Nekhbet, reine de la night et du décolleté en drapé mouillé à Louxor. Les femmes étaient peu regardantes à l’époque.
Héritière d’une dynastie de riches prêtres-médecins et propriétaire de vastes champs d’orge destiné au commerce et aux offrandes, elle avait aux yeux de Geb nombre d’atouts qu’espèrent toutes les personnes sensées : charme, nichons, pognon.
Bref, ils se marièrent et vécurent richement, comblés par les Dieux. Et c’est ainsi qu’il devint un paysan plus qu'aisé, aimant à ce point la boisson sacrée des Dieux, la bière Fayrouz (turquoise en arabe) que des mamelles somptueuses lui poussèrent après la cru du Nil de 1400 a.C. … Il en était tout content, et elle aussi, avouons-le. D’un autre côté, la piètre qualité de la bière lui refilait des maux de tête insensés le lendemain de ses sauvages beuveries, maux qui le poussèrent subitement à se donner la mort ; la douce Nekhbet le suivit dans ce choix douloureux, car elle ne pouvait imaginer vivre sans lui, sa peau, ses mains, ses seins.
Ne les jugeons pas.
lundi 30 juillet 2007
La Vénus de Milo, ou le divin sein
Je sais bien à quoi vous pensez, au sujet de cette pauvresse.
A
quoi sert d’avoir des seins de la sorte si on ne peut pas se les
tripoter en douce et les flatter de la paume comme de beaux fruits bien
mûrs?
Evidemment.
Elle a suffisamment mal vécu sa célébrité dans cet état, que croyez-vous, alors franchement c’est pas la peine d’en rajouter, et puis vous-même, ne souffrez-vous pas d’un quelconque complexe, hein, une petite infirmité honteuse de derrière les fagots, allez avouez, la tuyauterie pas toujours à son top niveau, n’est-ce pas, alors ne la ramenez plus avec ses bras qui n’aimeraient rien tant qu'être ballants, et puis si d’aventure un jour j'écrivais un blog ayant pour thème unique, central et définitif les bras, eh bien je vous raconterai ce qui leur est arrivé, je sens que vous brûlez de le savoir!
Voici
donc l’histoire à bras raccourcis (elle est bonne! dommage qu'elle ne
fasse pas le ménage!) (c'est une blague des années 80!), car je sais
que vous n’aimez rien
tant que la concision et la clarté, de la Venus de Milo.
Déesse de la
beauté et de l’attirance sexuelle, souvent vilipendée pour sa légèreté,
considérée comme irréfléchie et frivole, (mais quelle femme ne l’est
pas ?), Venus rend le monde amoureux, en proie aux désirs et aux
passions les plus sensuels, apporte des joies exquises comme des plaisirs les
plus raffinés aux êtres les plus avides d’expériences ultimes.
Curieusement mariée au plus laideron d’entre les laiderons boiteux (un problème au genou depuis l'enfance), Vulcain (c’est son sens de la provocation qui est à l’origine de ce curieux mariage), elle est célèbre pour ses nombreuses aventures extra-conjugales, notamment avec le sexy en diable Mars, brun ténébreux et fort lippu.
Cela dit, ce qui nous intéresse aujourd'hui, ce sont ses seins, car l'originalité de ce blog historien, si vous ne l'aviez pas encore compris, est de vous éclairer par le petit bout de la lorgnette.
Or donc, il semble bien que la femme qui a posé pour le fameux sculpteur chypriote Yorgos soit l’enfant de l’amour de la véritable déesse Venus.
Comme vous avez l’honneur si
vous avez un peu de lettres, les dieux grecs comme les romains aimaient à
goûter des joies simples mais coupables avec tout un bestiaire souvent
fécond, et donc notre modèle du jour, la douce Phoebe, si elle sortait
du giron de notre déesse, avait été conçue grâce au concours d’un dogue
allemand tout gris, au poil luisant car bien nourri.
Elevée par Yorgos
lui-même, car Venus avait d’autres chats à fouetter (façon de parler si
vous voyez ce que je veux dire), dans l’île de Milo, au cœur de la Mer
Egée, c’est bien la natation qui a su faire de son menu et mou poitrail
d’origine l’athlétique et altière paire de seins qui a servi à
magnifier la mémoire sa somptueuse et divine maman.
Voici donc où je voulais en venir (soupir de soulagement des illettrés qui ne lisent jamais plus de huit lignes d’affilée).
vendredi 20 juillet 2007
Agnès Sorel, ou le sein jeune et dissolu
Couvrez ce sein que je ne saurais voir :
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées.
Née
en Touraine en l’an de grâce 1422, de bien petite noblesse et fort tôt
déflorée, débauchée du siècle, courant effrontément le guilledou, et
peu farouche jusque dans ses poses pour les artistes officiels (voir le
fort célèbre tableau représenté ci-avant), Agnès Sorel fut la première
femme à obtenir le statut de favorite officielle du roi (Charles VII,
mais qui s’en soucie ?).
Pleine de sa libéralité de mœurs, et
la poitrine altière, fière et exubérante, elle réussit le délicieux
exploit d’éveiller à la sensualité un homme pour qui, eh bien, c’était
pas gagné (voir ci-après, le roi en question, bourré de complexes).
Entre
autres espiègleries acrobatiques, il se murmure que Charles n’aimait
rien tant que déverser sa royale semence sur la poitrine tourangelle.
Afin
de remercier sa frivole amie, et ça ne s’invente pas, le roi la fit
rapidement châtelaine de Loches, puis Dame de Beauté-sur-Marne (et
accessoirement comtesse de Penthièvres mais c’est nettement moins
rigolo).
En public également, la belle Agnès se plaisait à assumer sa féminité, affichant un culot et un goût de la provocation à nul autre pareil, comme en témoigne un chroniqueur de l’époque : « Et de tout ce qui à ribaudise et dissolution pouvait conduire en fait d'habillement, de cela fut-elle toujours produiseuse et montreuse ; car se découvrait les épaules et le sein par devant jusqu'au milieu de la poitrine. »
Cependant, bien que ce ne soit pas notre propos ici, sachons rendre à César, et n’oublions pas qu’Agnès Sorel semble avoir fait montre d’une grande habileté politique, et fut un soutien incomparable au roi plongé dans le bourbier sanglant de la Guerre de Cent ans (de là à attribuer ces mérites à son joli poitrail, il y a un pas que je ne saurais franchir).
A sa mort trop tôt survenue, en 1450, elle laisse un Charles VII effondré, et sa réputation sulfureuse marqua de son sceau un règne délicat dans une France dévastée.
Qu’ajouter ? Parler, peut-être, des néfastes conséquences de cette vie dissolue sur le propre fils de Charles VII, le dauphin Louis XI, qui un jour de fureur se mit à poursuivre, épée à la main, Agnès à travers les couloirs de la maison royale, jusqu’à ce qu’elle trouve refuge dans le lit du roi. Il serait intéressant d’étudier le règne de Louis XI à la lumière psychanalytique de ces informations essentielles, car je vous prie de me croire que ce ne fut pas triste.
Voici
donc, bien trop succinctement évoqués, je le regrette, mais c'est
l'heure de déjeuner, les plus célèbres Nichons de l’Histoire.
Rassurez-vous,
il y en eut avant, et après, des petits, des plus gros, des en poire,
des athlétiques, des vieux flans, et ce sera avec une joie non feinte
que je vous les rappellerai à votre bon souvenir.














